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Louis
Barras fut gendarme à Fribourg, et devint le bras droit du
commandant de la Police cantonale durant les dernières années
de sa carrière. Son coeur était resté en Gruyère.
Originaire de Châtel sur Montsalvens, il vécut au Bry,
plus
précisément Sous-Russilles. Dès l'âge
de 23 ans il s'installa à Fribourg, où il éleva
cinq enfants, quatre filles et un garçon. Aujourd'hui, ses
descendants, qui vivent à Fribourg et à Genève,
font chorus pour lui rendre hommage, alors qu'il aurait cent ans.
"
Le plus clair de mon temps, je le passe à le noircir ",
disait, par dérision, Boris Vian, son contemporain. Louis
Barras, lui, consacrait son temps libre à éclairer
sa palette. Il présenta ses oeuvres au côté
des "Peintres du dimanche" au Technicum de Fribourg. Sa
seule exposition personnelle eut lieu en 1988, au Café du
Commerce, à Bulle.
Communes d'avant la fusion
C'est
dire qu'il travaillait, sous le boisseau, dans la lenteur de l'huile.
Et voici qu'un jour de cette même année 1988, il se
met bille en tête : représenter, au pastel, la totalité
des communes de la Gruyère. Il y parvint, ne mettant la dernière
touche au quarantième village que peu de temps avant sa mort.
Ces
quarante localités d'avant la fusion - elles ne sont plus
que 27 aujourd'hui - sont réunies à l'Institut agricole
de Grangeneuve, où se tient l'hommage. Toujours au pastel,
et pratiquement selon le même format (vertical ou horizontal),
ce panorama ne manque pas de séduire.
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La
pâte est généreuse, avec une prédilection
pour les tons chauds. Cependant, les saisons défilent. Etait-ce
par choix? Ou simplement en raison du temps disponible...
Transcrire
une localité? simple comme bonjour, dira-t-on. Vous prenez
l'église, ou le beffroi, ou le monument marquant... Louis
Barras n'y échappe pas. Il n'allait tout de même pas
représenter Vuippens sans son château, ni la Tour-de-Trême
sans sa tour! Pourtant, l'angle de vue est souvent original. Voyez
Albeuve: ces deux piliers blancs qui éludent l'église,
en focalisant sur l'entrée. Voyez Villars-sous-Mont: désigné
par un calvaire au mitan du chemin. Ou Lessoc: décrit sans
sa légendaire fontaine. Et puis, signe de candeur, Louis Barras
apposait sa signature en des endroits imprévus. Son nom barrant
un mur, par exemple, au centre du tableau.
Voyages et académie
L'exposition
s'évase avec les oeuvres du voyageur. Car Louis Barras a
également brossé des paysages dont les noms chantent:
Venise ou l'île de Gorée. En Provence ( La Ciotat,
Sanary-sur-Mer), il avait mis au point une technique originale:
L'huile sur tuile... En jouant sur la concavité, il obtenait
des effets saisissants. Ajoutez son talent pour le portrait et
pour les nus académiques, avec parfois un zeste d'érotisme.
Et c'est une authentique rétrospective.
Pierre
Gremaud La Gruyère du 12 février 2007
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Parmi
les 40 villages représentés par Louis Barras : Maules
et Villarbeney (pastels)
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