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En avril 1988,
Louis Barras émettait un voeu: "Si Dieu me prête
vie, je vais faire des sanguines de tous les villages de la Gruyère."
Il avait 81 ans. Il a achevé les 40 tableaux en 1991 par
le Bry, son village, trois mois avant sa mort. L'artiste né
en 1907,aurait 100 ans. L'exposition à l'institut agricole
de Grangeneuve, marque cet anniversaire.
Les 40 pastels -
la seule entorse à la promesse est technique - sont montrés
en demi-cercle. Louis Barras a capté l'essentiel, l'esprit
de chacun de ces villages gruériens. Bellegarde et son cirque
montagneux. Bulle et sa place du Marché. Le Bry est sous
un manteau neigeux, alors qu'à Sâles, la rue a les
couleurs de l'été et Villarvolard celles de la fin
du jour. L'ensemble témoigne du regard aiguisé et
du geste ferme de l'artiste octogénaire.
"Nous aurions
aimé accrocher cette exposition en Gruyère",
dit Claude Barras, l'un des cinq enfants du peintre. "Impossible
de trouver un lieu qui s'y prête. Nous voulions montrer cet
ensemble, sans laisser de côté l'oeuvre de mon père
qui a peint toute sa vie à côté de son métier
d'officier de la police fribourgeoise. Il était devenu gendarme
en 1930, à 23 ans. Puis il a gravi les échelons pour
terminer sa carrière comme adjoint du commandant de la police
cantonale", se souvient Claude Barras.
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Le
fils raconte:" Mon père nous apprenait à dessiner.
Mes deux soeurs ont du talent. Moi je ne savais pas choisir les
couleurs. Mon père me corrigeait et j'ai abandonné.
Il ne partait jamais sans son attirail. Je me souviens des vacances
au bord de la mer. Nous allions sur la plage et lui s'en allait
peindre la Provence."
Louis Barras a beaucoup
aimé les couleurs de la Méditerranée. Parmi
la cinquantaine d'huiles et de gouaches exposées au verso
des quarante villages gruériens, on découvre de très
beaux paysages impressionnistes de la Ciotat, de Sanary, de Nice,
de Toulon ou d'Italie. Les couleurs de la lavande et celles de l'olivier
l'ont séduit autant que celles de Fribourg.
Avec
trois tubes
Quelques natures mortes,
portraits et nus montrent que la découverte de la peinture,
à douze ans, avec le vagabond bricoleur Mandoline, a porté
ses fruits. Louis Barras peignit sa première poya avec trois
tubes de couleur offerts par sa maman. La guerre ne lui permettra
pas de suivre des cours de dessin par correspondance. En été
1955, l'artiste exposa quatre tableaux au Salon international de
la police à Paris, au Grand-Palais.
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Entre
1988 et 1991 Louis Barras a peint les quarantes villages de la Gruyère.
Il termina 3 mois avant sa mort.
Monique
Durussel La Liberté du
06 février 2007
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